Lire une étiquette de croquettes sans se tromper

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La patte d’un chat tigré attrape une croquette au bord d’un tas posé sur une table blanche
Le chat ne lit pas l’étiquette ; la composition et les constituants analytiques, eux, disent ce qu’il mange.Photo : Anne Jea., CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Tout ce qui est écrit sur un sac de croquettes vendu en Europe obéit au règlement (CE) n° 767/2009 sur l’étiquetage des aliments pour animaux, complété par le code de bonnes pratiques d’étiquetage de la FEDIAF, la fédération européenne des fabricants, validé par la Commission européenne. Ces textes imposent un petit nombre de mentions, toujours les mêmes. Une fois qu’on sait les lire, on juge un sac en deux minutes, sans se laisser impressionner par la photo de côte de bœuf sur le devant.

Les mentions obligatoires, et où les trouver

Elles sont regroupées dans un cadre au dos ou sur le côté du sac, souvent en petits caractères :

  • « Aliment complet » ou « aliment complémentaire », et l’espèce visée. Un aliment complet couvre à lui seul les besoins de l’animal ; un complémentaire (friandises, toppings) ne le fait pas. C’est la première chose à vérifier.
  • La composition : la liste des matières premières, dans l’ordre décroissant de leur poids au moment de la fabrication.
  • Les constituants analytiques : protéine brute, matières grasses brutes, cellulose brute, cendres brutes, et l’humidité si elle dépasse 14 %.
  • Les additifs : vitamines, oligo-éléments, conservateurs, antioxydants, avec leur quantité pour ceux qui ont un plafond légal.
  • Le mode d’emploi : la ration selon le poids de l’animal.
  • La date de durabilité minimale, le numéro de lot, le nom et l’adresse du responsable de la mise sur le marché.

Un sac auquel il manque l’une de ces mentions n’est pas conforme. Ça arrive sur des produits importés ou vendus en vrac.

La composition : ce que l’ordre révèle et ce qu’il cache

Les catégories sont autorisées. Le fabricant peut écrire « viandes et sous-produits animaux » ou « céréales » au lieu de « poulet » et « blé ». C’est légal, mais c’est un choix : il permet de changer la recette au gré des cours sans réimprimer le sac. Un fabricant qui nomme chaque ingrédient s’engage davantage. Le règlement interdit de mélanger les deux systèmes sur la même étiquette.

Les sous-produits ne sont pas une insulte. Le terme couvre le foie, le cœur, les abats, excellents pour un carnivore, aussi bien que des parties de moindre valeur. Le problème n’est pas le mot, c’est l’imprécision.

La viande fraîche pèse de l’eau. Une matière première se classe à son poids avant cuisson. La viande fraîche contient autour de 70 % d’eau ; une fois déshydratée dans la croquette, elle pèse trois fois moins. « Poulet frais » en tête de liste devant « farine de poulet » ne signifie donc pas que le poulet frais domine le produit fini. Une « farine de poulet » (viande déshydratée) placée en deuxième ou troisième position apporte souvent plus de protéines animales.

Le pourcentage est obligatoire quand l’ingrédient est mis en avant. Si le sac dit « au poulet », « riche en saumon » ou montre un poulet en photo, le pourcentage de cet ingrédient doit figurer dans la composition. Le code FEDIAF fixe des seuils minimaux selon la formulation (« avec », « riche en », « au »). Un « au poulet » à 4 % est légal ; c’est à vous de lire le chiffre.

Les constituants analytiques : les quatre chiffres utiles

Constituant Ce qu’il dit Comment le lire
Protéine brute Quantité totale de protéines, animales et végétales confondues À comparer sur matière sèche ; ne dit pas d’où viennent les protéines, la composition le dit
Matières grasses brutes Énergie et appétence Plus elle est élevée, plus la ration est petite ; comparez le coût par jour, pas au kilo
Cellulose brute Fibres insolubles Utile en formule « light » ou « stérilisé », signe de remplissage au-delà de 5-6 % ailleurs
Cendres brutes Ce qui reste après combustion : les minéraux Un taux élevé signale beaucoup d’os ou de carcasse dans les farines animales

Les glucides ne sont pas déclarés. Ils se calculent par différence : 100 − protéines − matières grasses − cendres − cellulose − humidité (comptez 8 à 10 % d’humidité si elle n’est pas indiquée). Une croquette à 30 % de protéines, 15 % de matières grasses, 7 % de cendres, 3 % de cellulose et 9 % d’humidité contient 36 % de glucides. Ce calcul est le seul moyen de savoir ce que cache un « sans céréales », qui remplace souvent le blé par des pois ou des pommes de terre. Nous y revenons dans Croquettes sans céréales.

Comparez sur matière sèche quand vous mettez face à face une croquette (9 % d’eau) et une pâtée (80 % d’eau) : 8 % de protéines dans une pâtée font 40 % sur matière sèche.

Ce que l’étiquette ne dit pas, et ne peut pas dire

  • La digestibilité des protéines. Deux croquettes à 30 % de protéines peuvent se valoir sur le papier et pas dans la gamelle. Seules les gammes vétérinaires publient des études.
  • La qualité des matières premières derrière une catégorie.
  • Les allégations santé (« peau et pelage », « articulations ») : encadrées par le code FEDIAF, elles restent des arguments marketing tant qu’aucune étude n’est citée.

Ce qu’il ne faut pas acheter

  • Un sac sans la mention « aliment complet » pour en faire l’alimentation de base.
  • Un sac qui met un ingrédient en avant sans en donner le pourcentage : il n’est pas conforme.
  • Un sac dont le cadre réglementaire est illisible ou absent, fréquent sur certaines ventes en vrac ou en ligne depuis l’étranger.
  • Une croquette dont le prix au kilo fait croire à une gamme premium alors que la composition commence par « céréales » et « sous-produits ». Pour mettre le prix en face de la composition, voyez Croquettes : le prix au kilo change tout.

Ce que nous retenons

Cherchez le cadre réglementaire, pas le recto du sac. Vérifiez « aliment complet », lisez les trois premiers ingrédients en vous souvenant que le frais pèse de l’eau, exigez le pourcentage dès qu’un ingrédient est mis en avant, et calculez les glucides par différence. Aucune marque n’est « la meilleure » : il y a des étiquettes précises et des étiquettes floues, et le prix ne distingue pas les deux.

Sources

  • Règlement (CE) n° 767/2009 du Parlement européen et du Conseil concernant la mise sur le marché et l’utilisation des aliments pour animaux, articles 15, 17 et 19, annexe VII, EUR-Lex.
  • FEDIAF, Code of Good Labelling Practice for Pet Food, édition en ligne d’octobre 2019, révisé chaque année, europeanpetfood.org.
  • UK Pet Food, « Labelling », résumé des mentions obligatoires issues du règlement 767/2009 et du code FEDIAF, consulté le 30 octobre 2026.

Guide rédigé le 30 octobre 2026. Aucun lien de cette page n’est rémunéré.